Les autorités iraniennes ont refusé qu’une délégation de cinq députés, prête à se rendre à Téhéran, rencontre les lauréats du prix Sakharov de cette année, Nasrin Sotoudeh et Jafar Panahi. À la suite de cette décision, la délégation a annulé sa visite.

La délégation, dirigée par Tarja Cronberg (Verts/ALE, FI) et composée de Cornelia Ernst (GUE, DE), Joseph Weidenholzer (S&D, AT), Isabelle Durant (Verts/ALE, BE) et Juan Fernanco Lopez Aguilar (S&D, ES), devait rencontrer ses homologues du Majlis (Parlement iranien) ainsi que des représentants de la société civile du 27 octobre au 2 novembre. Vendredi dernier, la Conférence des présidents (c’est-à-dire le Président du Parlement et les chefs de file des groupes politiques) a octroyé, à l’unanimité, le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit de 2012 à Nasrin Sotoudeh et Jafar Panahi. En outre, elle a décidé que la délégation voyageant en Iran devait pouvoir remettre l’invitation en mains propres aux lauréats pour qu’ils puissent venir chercher leur prix à Strasbourg en décembre, ou, dans le cas contraire, annuler la visite.

Samedi 27 octobre en matinée, Tarja Cronberg, présidente de la délégation du PE pour les relations avec l’Iran, a reçu un appel de l’ambassadeur iranien auprès de l’UE qui lui a expliqué qu’avec “un délai si court”, il était impossible de garantir que les députés puissent remettre personnellement leurs lettres d’invitation aux lauréats du prix Sakharov.

Par conséquent, la présidente de la délégation, Tarja Cronberg, a annulé la visite de la délégation, qui avait été vue comme une occasion de renouer le dialogue avec le Majlis et la société civile en Iran. La décision a été prise en accord avec le Président du Parlement, Martin Schulz, qui a commenté: “Je regrette profondément que l’autorisation de rencontrer les lauréats du prix Sakharov n’ait pas été octroyée. Toutefois, le Parlement européen reste déterminé à continuer à donner son soutien à la société civile iranienne et à s’impliquer pour elle”.

 

Cinq prisonniers politiques à Ahwaz, Mohammad Ali Amvari, ingénieur, Hadi Rachedi, ingénieur, Hachem Chabani, secrétaire et étudiant en maitrise de sciences politiques, ainsi que deux frères Jaber et Mokhtar Al-Bouchokeh ont été condamnés à mort pour  guerre contre Dieu  Leur peine de mort leur a été annoncée le 8 juillet.   Le 17 juin, le régime Iranien a exécuté quatre prisonniers politiques Ahwazi.  Il s’agit de trois frères, Abdul-Rahman, Abbas, et Jamshid Heidari et d’un autre détenu, Ali Charifi. Ils ont été arrêtés en avril 2011 dans une manifestation à Ahwaz.
Le Parti Democratique Ahwazi appelle la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’homme, à entreprendre des actions urgentes et contraignantes pour sauver la vie de ces prisonniers en attente d’exécution

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WASHINGTON, 10 juil 2012 (AFP) – Les Etats-Unis ont appelé lundi l’Iran à libérer le pasteur Youcef Nadarkhani, qui a été emprisonné en 2009 et condamné à mort pour s’être converti de l’islam au christianisme.

“Le pasteur Nadarkhani est toujours sous la menace d’une exécution pour avoir été fidèle à sa foi et nous répétons notre appel aux autorités iraniennes pour qu’elles le libèrent immédiatement”, a déclaré une porte-parole du Département d’Etat, Victoria Nuland, dans un communiqué.

“Malheureusement, le pasteur Nadarkhani n’est pas seul à souffrir de cette situation. Le gouvernement iranien continue à dénier et à violer les droits de l’Homme de ses citoyens, en particulier ceux de ses nombreuses minorités ethniques et religieuse”, poursuit le communiqué.

Le texte note aussi l’exécution récente de quatre membres de la communauté Ahwazi d’Iran, sans procès en bonne et due forme, et des “informations crédibles” faisant état de la disparition de l’écrivain Mohammed Soleimani Nia, après sa libération en mai faisant suite à une peine de cinq mois de prison.

Le pasteur iranien Youcef Nadarkhani a été arrêté en octobre 2009 et condamné à mort en septembre 2010 pour apostasie en vertu de la charia en vigueur en Iran, parce qu’il s’était converti au christianisme à l’âge de 19 ans. Aujourd’hui âgé de 34 ans, il est le pasteur d’une petite communauté évangélique baptisée “Eglise d’Iran”.

La Cour suprême iranienne avait annulé ce verdict en juillet 2011 et renvoyé l’affaire devant le tribunal de Rasht dans la province de Gilan (nord), d’où le pasteur est originaire. Son deuxième procès a eu lieu en septembre 2011 mais le verdict n’a pas été rendu public.

Le vice-gouverneur de la province, responsable des affaires sécuritaires et politiques, avait déclaré que le pasteur n’avait pas été condamné pour ses convictions religieuses, mais parce qu’il était sionniste, traître et qu’il avait commis des crimes en matière de sécurité.

Plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, craignent son exécution prochaine

 

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Le Conseil est au courant des nouvelles préoccupantes concernant le groupe d’hommes appartenant à la minorité arabe en Iran, dont l’exécution serait imminente.
L’Union européenne condamne la peine de mort et œuvre en faveur de son abolition en toute circonstance. Dans le cas de l’Iran, le Conseil a condamné le recours à la peine de mort, en particulier le nombre croissant d’exécutions. L’UE ne cesse d’évoquer cette question, comme d’autres questions pressantes concernant les droits de l’homme, dans ses contacts directs avec l’Iran et au sein d’organisations internationales, en particulier l’ONU. L’UE a coparrainé un projet de résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran qui prierait l’Iran d’abolir, en droit et en pratique, les exécutions publiques et autres exécutions effectuées au mépris des garanties internationalement reconnues. En outre, le Conseil a appelé les autorités iraniennes à assurer l’accès de tous les détenus à un avocat.
En ce qui concerne la situation de la minorité arabe, la Conseil a évoqué la question de la discrimination à l’encontre des minorités en Iran, y compris les minorités ethniques, dans ses contacts directs avec l’Iran mais aussi dans le cadre de l’ONU. Le projet de résolution prie l’Iran entre autres d’éliminer, en droit et en pratique, toutes les formes de discrimination contre des personnes appartenant à des minorités, y compris les Arabes, de faire en sorte que les minorités aient accès à l’éducation sur un pied d’égalité avec l’ensemble des Iraniens et d’examiner ces questions ouvertement, avec la pleine participation des minorités elles-mêmes.
Le Conseil se réjouissait à la perspective de la session du dialogue UE‑Iran en matière de droits de l’homme qui devait avoir lieu en décembre 2006. En dépit de l’existence d’un commun accord, l’Iran a finalement décidé de ne pas participer à un dialogue. L’UE reste disposée à reprendre le dialogue, et continuera à évoquer des affaires urgentes en matière de droits de l’homme, telles que celle-ci, dans ses contacts avec les autorités iraniennes. Les problèmes concernant les droits de l’homme resteront au centre de l’attention dans les relations de l’UE avec l’Iran.

 

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Le Conseil est au courant des nouvelles préoccupantes concernant le groupe d’hommes appartenant à la minorité arabe en Iran, dont l’exécution serait imminente.

 

L’Union européenne condamne la peine de mort et œuvre en faveur de son abolition en toute circonstance. Dans le cas de l’Iran, le Conseil a condamné le recours à la peine de mort, en particulier le nombre croissant d’exécutions. L’UE ne cesse d’évoquer cette question, comme d’autres questions pressantes concernant les droits de l’homme, dans ses contacts directs avec l’Iran et au sein d’organisations internationales, en particulier l’ONU. L’UE a coparrainé un projet de résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran qui prierait l’Iran d’abolir, en droit et en pratique, les exécutions publiques et autres exécutions effectuées au mépris des garanties internationalement reconnues. En outre, le Conseil a appelé les autorités iraniennes à assurer l’accès de tous les détenus à un avocat.

En ce qui concerne la situation de la minorité arabe, la Conseil a évoqué la question de la discrimination à l’encontre des minorités en Iran, y compris les minorités ethniques, dans ses contacts directs avec l’Iran mais aussi dans le cadre de l’ONU. Le projet de résolution prie l’Iran entre autres d’éliminer, en droit et en pratique, toutes les formes de discrimination contre des personnes appartenant à des minorités, y compris les Arabes, de faire en sorte que les minorités aient accès à l’éducation sur un pied d’égalité avec l’ensemble des Iraniens et d’examiner ces questions ouvertement, avec la pleine participation des minorités elles-mêmes.

Le Conseil se réjouissait à la perspective de la session du dialogue UE‑Iran en matière de droits de l’homme qui devait avoir lieu en décembre 2006. En dépit de l’existence d’un commun accord, l’Iran a finalement décidé de ne pas participer à un dialogue. L’UE reste disposée à reprendre le dialogue, et continuera à évoquer des affaires urgentes en matière de droits de l’homme, telles que celle-ci, dans ses contacts avec les autorités iraniennes. Les problèmes concernant les droits de l’homme resteront au centre de l’attention dans les relations de l’UE avec l’Iran.

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Les relations entre Israël et l’Iran

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Il a été aussitôt indirectement rappelé à l’ordre par le président Obama qui a jugé bon de déclarer devant les délégués de l’AIPAC, le puissant lobby américain qui soutient les intérêts de l’état hébreu : “On parle trop de guerre à la légère.”   Qu’a voulu dire le locataire de la Maison Blanche ? Y aurait-il une part de bluff dans les menaces incessantes de Netanyahou ? Une manière, par exemple, en parlant inlassablement de l’Iran de ne pas évoquer la question palestinienne. Et d’abord, Israël dispose-t-il vraiment des moyens militaires pour annihiler durablement le processus nucléaire iranien ? Beaucoup d’experts en doutent. D’autre part, si réellement l’Iran est en mesure de posséder l’arme atomique – ce que le régime des ayatollahs nie constamment – est-il imaginable qu’il attaque Israël au risque de connaître presque immédiatement une terrible réplique nucléaire israélienne et sans doute aussi états-unienne ?   Toutes ces questions qui se posent au monde d’aujourd’hui ont donné l’idée à Monsieur X de se pencher sur l’évolution des relations entre l’Iran et Israël… Des rapports qui se sont apparemment dégradés ces dernières années mais qui ont été longtemps tissés de multiples connivences… De quoi, peut-être, relativiser l’état actuel de la tension entre les deux pays…

Bibliographie :   “Treacherous alliance the secret dealings of Israel, Iran and the United States” : “La perfide Alliance, les agissements secrets d’Israël, de l’Iran et des Etats-Unis”, de Trita Parsi, Yale University Press, 2007 (non traduit) : un livre passionnant qui propose une analyse inédite de la géopolitique des Moyen et Proche Orients à travers les relations israélo-iraniennes.   De Bernard Hourcade, l’universitaire français spécialiste de l’Iran :   – Un livre : « Géopolitique de l’Iran », chez Armand Colin, 2010   – Un article : « Iran – Liban : une relation stratégique ? » in la revue « Confluences Méditerranée », 1er trimestre 2011, n°76, éditée par L’Harmattan.   Et aussi :   « La bombe iranienne, Israël face à la menace nucléaire », Patrick Anidjar, Seuil 2008   « Le paradoxe persan, un carnet iranien », Jean-François Colosimo, Fayard 2009 ****   « Le paradoxe iranien », Claire Tréan, Robert Laffont, 2006   « Hezbollah global, les réseaux secrets de l’Iran », par le collectif Kaveh Le Forgeron (un collectif d’experts iraniens anonymes), chez Choiseul Editions, 2011

Enfin : « La bombe des mollahs », de Paul Fauray, aux éditions du Rocher (paru fin 2011), un bon polar autour de la bombe iranienne qui se passe à Istanbul, la ville de tous les espions ! Palpitant.

Discographie :   – Jan Garbarek : “Ustad Fateh Ali Khan”, album : “Ragas and Sagas”, ECM Production, 1992   – BOF “Footnote”, chez Label Milan, 2011   – Muslimgauze : “Lion of Kandahar” (extended re-mix) Album : “Iran” ; label : Staalplaate, 2011

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Plusieurs condamnations a mort et a la prison à Ahwaz  dans la province du Khuzestân

-De lourdes peines de prison, d’exils intérieur et  des condamnations à mort, on étés prononcées contre des jeunes prisonniers des minorités  arabophones de la région d’Ahwaz. Dont la population fait les frais depuis des années de mesures racistes et discriminatoires et  véritablement institutionnalisées en haut lieu par le régime de Téhéran.

-Nouvelles parvenue ce 22 Mars 2012 via les sites Iraniens RadioZamaneh et Freedom Messenger-Le “tribunal révolutionnaire” de la ville d’Ahvaz a condamné un certain nombre de  prisonniers politiques à la mort et  de peines d’emprisonnements.

-Des membres de comités de défense des droits humains de la ville d’Ahvaz  on rapportés et déclarés : “ces  prisonniers ont eus à faire  face a une année de détention,  ils ont aussi subis des  tortures avant leurs condamnations” Selon ces comites les prisonniers nommés  Teh Heydarian, 28 ans ; Nasser Heydarian, 21 ans ; Abbas Heydarian, 24 ans, et Ali Sharifi, 25 ans, tous  résidents du quartier Mollashieh, ont été condamnés chacun à 10 ans de prison et à des peines d’exécutions.

-Amir Moavi, 24 ans, a été condamné à 38 ans de prison et Abbas Heydari, qui est âgé de26 ans  à 18 ans de prison.  Moavi et Heydari sont également condamnés à l’exil intérieur  dans la province septentrionale du  Mazandéran pendant toute  la durée de leurs peines d’emprisonnement.

-Le quartier Mollashieh  se trouve dans la partie la plus méridionale d’Ahvaz, c’est  la capitale de la riche  province  pétrolière du Khuzestân  située dans le  sud-ouest de l’Iran. Mollashieh  est un quartier à majorité arabophone d’Ahvaz qui est connu pour son manque total  d’installations récréatives, culturelles et de bibliothèques en dépit de sa forte population de jeunes.

-Les six condamnés et  détenus politiques ont été arrêtés l’an dernier après une manifestation pacifique à Ahvaz ou ils protestaient contre  une situation défavorable et discriminatoire envers les membres  des minorités arabophones de  la province du Khuzestan.  Ces protestations  avaient étés accueillies avec  la violence d’Etat habituelle du régime de Téhéran,  elles avaient  faits  12 morts, 20 blessés graves  et des dizaines de personnes avaient étés  arrêtées.

-Depuis  cette dernière année  selon  plusieurs rapports publiés sur les droits de l’homme en Iran , trois autres  prisonniers politiques arrêtés lors de ces  manifestations au  Khuzestân,  sont morts à la  suite de  mauvais traitements ,  de violences et de tortures  dans des prisons de la région.

-Des autres rapports  publiés par le site et l’organisation Human Rights Watch  nous indiquent qu’une  autre manifestation qui avaient eue lieue  le 13 Janvier 2012,  avait de nouveau été réprimée violement par les forces répressives du  gouvernement Iranien .  65 personnes  avaient étés arrêtées   dont certaines  attendent encore leurs procès en détentions provisoires.

L’Arabistan – ou région d’Al-Ahwaz – est plus connu sous le nom de Khouzistan – le Pays des tours – depuis la « persianisation » de la province par Reza Chah Pahlavi en 1925. Il est situé à l’extrême sud-ouest de l’Iran, entre le Golfe, le Chatt Al Arab, les montagnes du Kurdistan iranien et les monts Bakhtiar de la chaîne du Zagros. Il est peuplé majoritairement d’Arabes chiites, issus de tribus venues de la péninsule arabique dès l’époque akkadienne, ou qui se sont installées après l’islamisation de la Perse.

Souk Al-Ahwaz

Dans l’antiquité la région appelée plus tard Arabistan fait partie de l’Elam et correspond à peu près à la Suziane. Les ruines de Suze sont situées à une trentaine de kilomètres au sud de Dezfoul. Puissant royaume, l’Elam conquiert la Mésopotamie : la Babylonie et le royaume de Mari (Syrie). Il en est refoulé par Hammourabbi. Il s’effondre vers 613 avant JC, quand Assourbanipal prend Suze et l’annexe dans l’empire assyrien. Il est ensuite occupé par les Chaldéens, les Séleucides et les Parthes, puis englobé dans l’empire perse archéménide (550 a 331 avant J.C), puis perse sassanide (226-652 après J.C).

En Irak, en 635, après la défaite perse face aux troupes musulmanes de Saad Ben Abi Waqass – lors de la fameuse bataille d’Al-Qadissiyah – Abou Moussa Al-Ashari s’empare d’Hormuzd Ardashir, port sur le fleuve Karoun, et l’appelle Souk-Al-Ahwaz. Les habitants de la région d’origine arabe, liés aux tribus de Bassora, se convertissent à l’Islam.

L’Arabistan fait partie des empires Omeyyade et Abbasside, et demeure ensuite plus ou moins indépendant des Chahs safavides, notamment au 15ème et 17ème siècle avec l’Emirat arabe de Musha’sha, dont  capitale était Howayisa au nord ouest de la région.

L’Emirat de Mohammara

A partir du 17ème siécle, de nouvelles tribus venues du désert du Nedj en Arabie émigrent en Arabistan, en particulier les Banu Ka’b qui s’installent au sud-ouest du fleuve Karoun. Cheikh Salman, chef de cette tribu, grignote petit à petit les territoires de ses voisins au point de menacer Bassora. Il créé une flotte puissante qui oblige le Pacha Ottoman de Bagdad d’appeler à l’aide la Compagnie des Indes Orientales. Non seulement la coalition turco-anglaise n’en vient pas à bout, mais Cheikh Salman s’empare de deux navires anglais qu’il refuse de restituer (2).

En 1812, le Cheikh Youssouf Ben Mardaw, chef d’un clan des Bani Ka’b, créé le port de Mohammara (La rouge) à l’embouchure du Karoun, à environ 120 km de Souk Al-Ahwaz. La prospérité de la ville attise les convoitises des Perses, puis des Ottomans qui s’en emparent momentanément. Le gouvernement des Indes, qui suit de près la situation dans le Golfe, prend alors la décision d’intégrer l’Arabistan dans leur zone d’influence.

Quand les Ottomans et les Perses entrent en conflit pour décider de l’appartenance de Mohammara, les Anglais et la Russie tsariste jouent les médiateurs. En 1847, le second traité d’Ezeroum attribue  arbitrairement à la Perse le port et l’île d’Al-Kodr, la future Abadan. Le Cheikh Hadj Jaber qui règne alors ne reconnaîtra jamais le traité et refuse de se soumettre au Chah de Perse.

Après sa mort en 1881, la Grande-Bretagne fait pression sur son fils, Cheikh Maz’al, pour qu’il autorise une compagnie anglaise à naviguer sur le fleuve Karoun. En 1890, un consulat britannique ouvre à Mohammara. L’aversion du Cheikh pour les Britanniques était connue. On prétend que le gouvernement des Indes n’est pas étranger à son assassinat par son frère cadet Cheikh Kaz’al.

Cheikh Khaz’al,

andidat au trône d’Irak

Cheikh Kaz’al  est considéré comme un ami fidèle de l’Angleterre et un bon exécutant de sa politique (3). Mais, il profite du soutien britannique pour faire de son Emirat une principauté quasi indépendante. Ses démêlés avec Reza Chah et la trahison dont il a été victime de la part des Anglais en ont fait un héros de l’arabisme.

La découverte de pétrole en Arabistan en 1908, à Maidan-i-Naftan – la Plaine de l’huile – près d’un ancien temple du feu zoroastrien, va changer la donne et faire de la Perse « une des pièces d’un échiquier sur lequel se joue la domination du monde » (4).

Le 28 mai 1901, le Chah Muzzaffar Al-Din – de la dynastie des Qadjars –  accorde au financier anglo-australien William Knox d’Arcy, qui rêve de devenir un nouveau Rockfeller, le droit de prospecter en Perse pendant 60 ans, l’exclusivité de la construction de pipeline et la gratuité des terres non-cultivées nécessaires à ses recherches. L’Angleterre reconnaît en 1902 l’indépendance de l’Emirat de Mohammara et négocie avec Cheikh Kaz ‘al la construction de la raffinerie à Abadan et du pipeline la reliant aux puits de Masjid-i-Suleiman. Le 6 mai 1909, Sir Arnold Wilson accepte de payer au Cheikh un loyer annuel pour le prix de passage de l’oléoduc et l’installation de la raffinerie ; il l’assure du soutien diplomatique britannique en cas de menace perse et d’une aide militaire en cas d’agression (5). En 1921, Cheikh Kaz’al estime ses relations avec l’Angleterre suffisamment bonnes pour se déclarer candidat au trône d’Irak.

Après l’effondrement de l’empire Ottoman et la Révolution bolchevique en Russie, tout change. L’Angleterre laisse Reza Khan, Ministre de la Défense et Chef de l’armée perse, reconquérir l’Arabistan. Cheikh Kaz’al se réfugie à Bassora. Un piège lui est tendu avec la complicité du représentant britannique à Mohammara : le Général Zahedi, gouverneur militaire perse, lui fait savoir qu’il a reçu l’ordre de se retirer  de la région. Le représentant de Londres confirme la nouvelle. Le 20 avril 1925, le Cheikh Kaz’al invite Zahedi à une cérémonie d’adieux sur son yatch ancré dans le Chatt Al-Arab. Les Perses arrêtent le Cheikh et le transfèrent à Téhéran où il mourra en 1936 en résidence surveillée.

En avril 1926, Reza Khan se fait proclamer Chah d’Iran. Il rebaptise l’Arabistan en Khouzistan et « persianise » les noms des villes, des fleuves et des montagnes. Mouhammarra devient Khoramchahr, Howayisa est Dacht Michan. Le nom d’Hawaz doit désormais se prononcer Havaz, à la persane… etc. La langue arabe est interdite dans l’administration. Des Perses sont installés dans plusieurs villes et sur des terres confisquées.

Résistance en Arabistan

Des révoltes éclatent dès 1925, puis en 1928, 1940. Elles sont réprimées dans le sang. En août 1941, Reza – compromis avec les nazis – est remplacé par son fils Mohammad. De nouvelles révoltes en 1943 et 1945, sont durement réprimées. Un mémorandum est adressé à la Ligue Arabe qui n’en tient pas compte. Il est vrai qu’à l’époque les pays arabes étaient encore colonisés ou sous influence anglaise ou française.

En 1946, le parti Al-Saada est constitué à Mohammara. Il revendique l’indépendance de la région. L’armée iranienne profite de troubles suscités avec le parti communiste Toudeh, et se livre à un véritable carnage. Quand le parti irakien de l’indépendance remet à la Ligue Arabe un rapport sur les crimes commis par les troupes du Chah, le Secrétaire général de la Ligue dit qu’il n’a pas le temps d’étudier le problème…

En juin 1947, un traité est signé entre l’Iran et les Etats-Unis pour la livraison d’armes et de surplus de guerre. Le Brigadier général Schwarzkopf – dont le fils dirigera en 1991 l’opération Tempête du Désert – est chargé de former la gendarmerie iranienne et d’aider à la « pacification » de l’Azerbaïdjan (6).

Mohammad Mossadegh est nommé Premier ministre le 29 avril 1951. Il choisit Hussein Fatimi – secrétaire général du parti Al-Saada – comme ministre des Affaires étrangères et nationalise l’Anglo-Iranian Oil Company. Il rompt les relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne, mais est renversé avec l’aide de la CIA et remplacé par le Général Zahedi.  Mossadegh et Fatimi sont condamnés à mort par un tribunal militaire. Le premier verra sa peine réduite et sera libéré en 1956. Le Secrétaire général du parti Al-Saada sera exécuté.

En Arabistan, des partis indépendantistes ou autonomistes voient le jour : le Front de libération de l’Arabistan (1956) proclame que la région ne peut être libérée que par « une révolution totale », que la « lutte armée est le seul moyen de mettre fin au pouvoir iranien en Arabistan », le Front national de libération de l’Arabistan et du Golfe arabe (1960) qui réclame le rattachement de la région à l’Irak. Le Front de libération de l’Arabistan se transforme en 1967 en Front delibération d’Al-Ahwaz (7).

En 1979, Abdallah Salameh, Secrétaire général du Mouvement Démocratique et Révolutionnaire pour la Libération de l’Arabistan (MDRLA), d’obédience nasséro-baassiste, dit que les 2 millions de demi d’habitants arabes considèrent les Perses comme de colons. Il  se déclare prêt à lutter contre tout successeur du Chah qui n’accorderait pas l’indépendance aux Arabes d’Iran. La région qu’il revendique s’étend de la frontière irakienne au détroit d’Ormuz (8).

Guerre Iran-Irak

Le sort des Arabes en Iran ne s’améliore sous l’Ayatollah Khomeini, malgré leur participation à la chute du Chah en 1979. Le déclenchement de la guerre Iran-Irak est pour beaucoup d’entre eux l’occasion de s’affranchir du « joug perse » car, parmi les objectifs des troupes irakiennes qui envahissent l’Iran le 22 septembre 1980, il y a bien sûr la libération de l’Arabistan. De Bagdad, le journaliste Paul Balta le confirme en faisant état de rumeurs de proclamation d’une République arabe d’Arabistan, Il révèle aussi que les Etats-Unis ont fait savoir aux Irakiens qu’ils s’opposent au démantèlement de l’Iran (9).

Tarek Aziz me dira que l’Irak n’a pas l’intention d’annexer la région (10). Il estime, comme le Président Saddam Hussein au 11ème Sommet arabe tenu à Amman en novembre 1980, que « C’est au peuple de l’Arabistan, comme aux autres peuples de l’Iran de décider de leur sort ». Il précisera sa pensée dans Al-Anba en disant « Si les circonstances donnent aux minorités iraniennes l’occasion de s’autogouverner, nous sommes d’accord. » (11) et Tarek Aziz ajoutera dans Watan Al-Arabi que les Arabes d’Arabistan ne sont pas « préparés de manière satisfaisante », mais que « l’Irak est le soutien le plus ferme à leur cause » (12).

Le retrait des troupes irakiennes d’Iran et le cessez le feu marquent pour un temps la fin des rêves des nationalistes d’Al-Ahwaz qui espéraient profiter de la chute du pouvoir islamique pour s’émanciper. Certains se refugient dans la région de Bassora. Ils y sont encore, mais courent un véritable danger depuis l’invasion du pays par les Américains.

Démanteler l’Iran

Avant de quitter son poste de « Premier ministre », Ibrahim Al-Jaafari a en effet ordonné l’expulsion vers l’Iran d’environ 2 500 réfugiés politiques arabes de la région d’Ahwaz, pourtant enregistrés au du Haut comité pour les réfugiés (HCR). Ils risquent d’être emprisonnés ou exécutés. Certains sont heureusement réfugiés dans les régions à majorité sunnite pour échapper aux milices pro-iraniennes (13). Ra’ad De’ayer Al-Bestan Banitorfi, un de leurs représentants, a néanmoins été kidnappé le 9 avril dernier par les escadrons de la mort du ministère irakien de l’Intérieur et son cadavre mutilé, retrouvé 4 jours plus tard.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont repris la politique qu’ils interdisaient à Saddam Hussein en 1980. Karin Abdian, représentant du Parti démocratique Ahwaz à Washington raconte en qu’il a été convoqué en août 2005 par Hicks and Associates à la demande de « l’unité de renseignement des Marines … Ils voulaient tout savoir sur les Arabes d’Iran : combien nous étions, pourquoi nous nous battions, de quoi nous avions besoin. » Il a dit à ses interrogateurs que les Arabes n’étaient que 6 millions, mais qu’ils avaient le pétrole ! (14)

Depuis mars 2006, Al-Ahwaz TV une chaîne clandestine de radio télévision disposant d’un canal sur un satellite australien, appelle les Arabes d’Arabistan à la révolte (15). Mais, ils n’ont pas attendu pour le faire… Depuis un an, l’Arabistan est le théâtre d’émeutes vite réprimées : en avril 2005, on relève 5 morts. En juin 2005, quatre bombes explosent à Ahwaz. Les attentats sont revendiqués par les Brigades des martyrs révolutionnaires Ahwazi. En octobre 2005, deux bombes y font encore 6 morts et une centaine de blessés, Selon le Ministère iranien du Renseignement « une partie des équipements utilisés dans les explosions provenait d’Irak, notamment, de Bassora, région sous contrôle des occupants britanniques. ». Fin janvier 2006, 2 bombes explosent à Ahwaz devant la banque Saman et un bâtiment officiel. On dénombre 8 morts et 48 blessés. La chaîne libanaise Al Manar, affirme que le Président  Ahmadinejad était visé.

Les Américains vont-ils « libérer » l’Arabistan pour s’approprier son pétrole comme ils l’ont fait en Irak ? Wayne Madsen, journaliste d’investigation et ancien agent de la NSA sous Reagan, assure qu’une République Démocratique d’Ahwaz serait reconnue diplomatiquement « par les Etats-Unis et quelques uns de ses alliés les plus proches » (16)  Qui peut faire confiance aux Américains ? La trahison de Cheikh Khaz’al est encore dans les esprits. Il suffirait que les Etats-Unis s’entendent avec Mahmoud Ahmadinejad, ou avec un président qui le remplacerait démocratiquement ou non – ou avec une marionnette quelconque – pour que la CIA laisse tomber ses protégés. La réponse d’Henry Kissinger à ceux qui lui reprochaient d’avoir abandonné la rébellion de Mustapha Barzani en 1975 reste d’actualité : « Les actions clandestines ne peuvent se confondre avec une œuvre missionnaire »

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